Virus : A peine lancée, la vaccination au Brésil connaît des ratés

Dalia Hamam Lundi 25 Janvier 2021-15:14:32 Actualités Internationales
Une femme est vaccinée contre le Covid-19, le 19 janvier 2021 à Mateus Leme, au Brésil
Une femme est vaccinée contre le Covid-19, le 19 janvier 2021 à Mateus Leme, au Brésil

La campagne de vaccination contre le Covid-19 démarre tout juste et connaît déjà des ratés dans un Brésil en pleine deuxième vague, qui va vite manquer de doses, composants et même de seringues, alertent les scientifiques en incriminant le gouvernement. Le Plan national de vaccination a débuté lundi dernier dans ce pays de 212 millions d’habitants, plusieurs semaines après les EtatsUnis ou l’Europe, selon l’AFP. La veille, le brésilien Anvisa avait donné son autorisation pour le vaccin CoronaVac du laboratoire chinois Sinovac, dont six millions de doses étaient déjà disponibles, et celui du laboratoire britannique AstraZeneca/Oxford, dont deux millions de doses sont finalement arrivées vendredi depuis l’Inde après des retards. Vendredi, une nouvelle autorisation de 4,8 millions de doses de CoronaVac a été délivrée pour l’institut Butantan de Sao Paulo, associé à Sinovac. Les deux vaccins sont pour l’heure réservés aux populations prioritaires. Une fois les premiers stocks épuisés, l’approvisionnement va dépendre de l’importation des produits pour la fabrication sur place du CoronaVac et du vaccin britannique. Or dès mardi dernier, les professionnels ont sonné l’alarme devant les retards de livraison alors que l’épidémie flambe à nouveau, avec un millier de décès par jour dans ce pays où 215.000 personnes sont déjà mortes officiellement du coronavirus. “Si ces produits n’arrivent pas, nous allons devoir interrompre” la campagne de vaccination, redoute la vice-présidente de la Société brésilienne d’immunologie (SBIM), Isabella Ballalai. Cette spécialiste regrette un manque de “positionnement clair des autorités pour créer la confiance chez les gens” et dénonce “l’incompétence du ministère de la Santé”. Après avoir minimisé la gravité du Covid-19, le président d’extrême droite Jair Bolsonaro a de nouveau vendredi mis en doute l’efficacité des vaccins. Parallèlement, le gouvernement a reconnu mi-janvier qu’il manquerait 30 millions de seringues pour la première phase du Plan national, qui vise à immuniser 50 millions de personnes, sans aucun calendrier précis. Le défi logistique est également de taille, dans ce pays aux dimensions continentales, alors que des plaintes ont été déposées dans plusieurs villes contre des personnalités soupçonnées de se faire vacciner alors qu’elles ne sont pas prioritaires.

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